L'Alsace en 1940 - 1945,

Occupée et traitée en tant qu'annexée par le 111e Reich.

Remonter noms et prénoms autres conséquences

L'invasion de la Pologne le 1er  septembre 1939,alliée à la France et à l'Angleterre, déclencha la deuxième guerre mondiale. Conformément aux plans du gouvernement Français, la population des communes Alsacienne situées à moins d'une dizaine de kilomètres de la frontière fut évacué en 1939/1940 en prévision d'une guerre de tranchées devant la ligne Maginot. La population de Strasbourg, par exemple, commença son évacuation le 2 septembre 1939. Après rassemblement dans des centres de regroupement, l'évacuation eu lieu principalement vers le sud ouest de la France, de l'Indre au Gers et aux Landes, dans des conditions difficiles liées principalement au décalage entre le mode de vie de citadins se retrouvant à la campagne, sans électricité, eau courante ou W.C. intérieurs. En plus, au début, ils étaient assimilés à des "boches" du fait de leur dialecte ou simplement de leur accent. A Montpont par exemple, le Maire affichera un avis précisant ..." S'il devait encore arriver que des réfugiés Alsaciens soient chassés ou traités de "Boches", les coupables seront immédiatement traduits devant un tribunal et punis"...Une campagne de presse dans le Périgord expliqua les origines du dialecte alsacien. Près des deux tiers rentrèrent en Alsace dès août 1940, d'autres attendent 1945 et plusieurs milliers se fixent dans le sud ouest.

 l'Alsace est occupée par les forces du IIIe Reich ( Colmar le 17 juin, Mulhouse le 18 et Strasbourg le 19). L'armistice est signée le 23 juin. Les autorités et administrations Françaises  ayant quitté la région, les Alsaciens se retrouvèrent seuls et désemparés face aux nazis qui, en pratique, considérèrent immédiatement l'Alsace comme un territoire annexé. On constata très vite que l'on était très loin des "bonnes manières" des aristocrates prussiens de 1871, lors de l'annexion par ceux-ci! En fait l'Alsace venait d'entrer dans ce qui fut probablement la pire période de sa longue histoire.

Les nouvelles autorités appliquèrent dès juin 1940 un plan préparé à l'évidence depuis longtemps et destiné à "germaniser" l'Alsace dans les plus brefs délais. La province fut rattachée au pays de Bade. Cet ensemble pris  le nom de "Gau Oberrhein" dont la capitale était Strasbourg. A partir le là,  les Alsaciens furent considérés comme des citoyens allemands à part entière (Volkdeutsche). La langue allemande devint immédiatement obligatoire et le français interdit. Le simple fait de parler français entraînait une amende et, en cas de récidive, l'arrestation et l'emprisonnement! L'enseignement fut bien entendu immédiatement germanisé avec des livres de classe et de propagande .Les enseignants Alsaciens parlant allemand et considérés comme de confiance furent rééduqués en Allemagne et les autres remplacés par des Allemands. Les écoles catholiques furent placées sous contrôle direct des autorités. 

Il en fut de même pour les livres: les enfants devaient faire du porte à porte pour collecter tous les ouvrages Français et en français qui devaient être détruits ainsi que tous signes et objets rappelant la France. Les noms de rues et de villes et villages furent germanisés, les monuments aux Morts  enlevés ou détruits. Certains Alsaciens dont le nom ou prénom avait une consonance trop française durent le germaniser. Le "dialecte Alsacien" continua  a être parlé car c'était la seule langue parlée par les milieux populaires et les personnes âgées, qui, en plus était, au moins dans le Haut Rhin et Bas Rhin très proche du dialecte Badois. Seul le Hochdeutsch pouvait être appris et parlé. Il semble que les autorités aient fait une fixation sur le béret considéré comme un symbole Français, car il fut totalement interdit! Dès 1941, le NSDAP et toutes ses organisations sociales dont la jeunesse hitlérienne, le front allemand du travail etc. sont en place.

Un effort particulier concerna les jeunes, non seulement pour les germaniser mais aussi pour leur inculquer la doctrine nationale socialiste. Des uniformes des jeunesses hitlériennes étaient distribués gratuitement. A partir de 1942, Himmler encouragea même les jeunes filles allemandes de sang pur a "coopérer" avec les soldats qui vont au front!

L'énorme déception de la majorité des Alsaciens devant la rapidité de la défaite Française et l'abandon pur et simple de la province par les autorités Françaises ne modifia pas leur sentiment d'être toujours Français, exacerbé par les . Dès la fin de 1940, des réseaux de résistance se développèrent  avec pour objectif de libérer la province et de réfléchir à la manière de limiter les problèmes liés à cette libération. Leur action se révéla importante. De nombreux Alsaciens s'enfuirent pour rejoindre  la France Libre et beaucoup de ceux-ci participèrent à la libération de la province avec la 2 e division blindée de Leclerc.

Toutes les mesures prises par les nazis, et leur comportement, poussa la population à une opposition farouche qui se manifesta par le peu d'empressement à suivre les ordres et par la création de mouvements de résistance.

Certains groupes organisent des filières pour permettre aux prisonniers évadés d'Allemagne de quitter l'Alsace; en novembre 1942, le nombre des évadés d'Alsace et de Lorraine s'élevait à environ 12000 jeunes gens.. D'autres organisèrent des sabotages. Certains s'organisèrent pour gagner la confiance des nazis afin de pouvoir transmettre des informations importantes aux mouvements de résistance Français ou aux Anglais. En France, de nombreux Alsaciens participèrent activement au combat clandestin des maquis. Certains furent à l'origine de la brigade "Alsace-Lorraine" créée en 1944. A partir de l'été 1944, de nombreux maquis se forment dans les Vosges. Beaucoup périrent dans des camps dont celui du Struthof.

Très rapidement, l'engagement volontaire dans les armées allemandes fut encouragé. Comme le résultat était peu convainquant, les hommes valides furent incorporés de force  dans l'armée allemande à partir de 1942. Environ  130.000 Alsaciens et 30.000 Mosellans furent envoyés pour combattre sur le front Russe, et non celui de l'Ouest, car les allemands ne leur faisaient pas confiance. Ces hommes furent surnommés les " malgré_nous".. Voir la page qui leur est consacrée.

Certains Alsaciens, une minorité (1 à 2%), se laissèrent séduire ou entraîner par la doctrine nazie, et quelques uns furent soupçonnés de servir d'indicateurs.

L'épuration: Il fallait prouver que l'on était "Allemand de souche" pour ne pas tomber sous l'ordonnance nazie du 16 décembre 1941 qui prévoyait la saisie des biens et l'expulsion de tous les "indésirables": Juifs, Français de l'Intérieur, Alsaciens francophiles, anciens combattants de l'Espagne rouge, romanichels, personnes de races étrangères, condamnés de droit commun etc...Voir la page "Ahnenpass".

Pour "éduquer" ou exterminer les opposants au régime Hitlérien, des camps furent installés en Alsace. Le premier est ouvert dès juillet 1940 à Schirmeck, au début, il servait à la rééducation  des Alsaciens. Il semble que près d'un quart de la population Alsacienne y a fait un séjour variant d'une journée à trois mois. Parler Français ou écouter des radios étrangères impliquait une rééducation. Il devint progressivement un camp de concentration "classique". La construction du camp du Struthof, près de Natzwiller commença au printemps 1941 sous les ordres de Speer qui avait remarqué la qualité du granit rose découvert près du village et voulait un camp pour pouvoir exploiter ces carrières avec des prisonniers. Des détenus Allemands (droits commun, asociaux, homosexuels et ressortissants rebelles) construisirent le camp ouvert officiellement en Juin 1941. Les premiers prisonniers furent soumis au principe de "l'extermination par le travail" (Vernichtung durch Arbeit) qui en fit un des camps de concentration les plus terribles et dangereux. A partir de décembre 1941, suite au décret "Nacht und Nebel Elsass", de nombreux résistants passèrent par ce camp avant d'être déportés en Allemagne. A partir de 1942 et jusqu'à la fermeture en septembre 1944, de nombreux prisonniers furent fusillés, pendus ou gazés. A partir de 1943 une chambre à gaz fut installée pour expérimenter des gaz toxiques ou des vaccins.....

De nombreux résidents jugés indésirables dont environ 200.000 juifs ont été expulsés ou regroupés dans les camps de concentration.

En bref:

Mulhouse fut libéré le 21 novembre 1944 par l'armée du général de Lattre de Tassigny, Strasbourg  par Leclerc et les chars de la 2e D.B. le 23 novembre  1944. Colmar et le reste du Haut Rhin ne fut libéré totalement que le 9 février 1945.

 - En 1945, comme conséquence de l'épuration, il y a 45.000 nouveaux prisonniers dans les camps alsaciens.

. -  L'enseignement de l'Allemand est interdit dans les écoles primaires dès 1945.

 - Rapprochement franco-allemand avec le traité de Paris instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier le 18 avril 1951.

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Pour mieux comprendre cette période douloureuse de l'histoire d'Alsace, il est indispensable de lire quelques livres dont:

- Histoire de l'Alsace de Philippe Meyer (éditions Perrin - Mars 2008

- l'Alsace dans la guerre 1939-1945 de Bernard et Gérard Lemarec (éditions Alsatia 2000)

- L'Alsace entre France et Allemagne 1850-1950 de A. Wahl et J.P. Richez (Hachette 1994)

-  Un instituteur Alsacien entre France et Allemagne - journal de Philippe Husser 1914 - 1951 (Hachette, la Nuée Bleue 1989)

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Affiche largement diffusée à travers l'Alsace signifiant en gros "Dehors les Français et leur culture!"

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Chacun son tour....... dehors le nazisme!

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Affiches indiquant les itinéraires pour rejoindre les centres de regroupement du plan d'évacuation de la ville de Strasbourg et les départs par le train (2 sept 1939).

Un billet de banque peu connu: e billet ci-dessous n'a, semble-t-il, pas été utilisé *. Il s'agit d'un billet de 50 marks daté du 15 juin 1939. L'intégration de l'Alsace était bien prévue! Egalement daté du 15 juin 1939, il existe un billet (non trouvé) montrant la ville de Danzig (Gdansk)...

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* Le 6 décembre 1938 à Paris, un accord a été conclu entre la France et le Reich, signé par les ministres des Affaires étrangères, von Ribbentrop et Bonnet, spécifiant entre autres chose que: 1) les gouvernements Allemands et Français sont tous deux convaincus que les relations pacifiques et de bon voisinage entre la France et l'Allemagne constituent un élément essentiel.......etc 2) Les deux gouvernements constatent qu'aucune question de nature territoriale ne reste en suspens entre leurs pays et reconnaissent solennellement, comme définitive, la frontière entre leurs deux pays dans leurs limites actuelles......etc. Ceci explique peut-être pourquoi le billet ci-dessus n'a pas été mis en circulation pour ne pas révéler trop tôt les véritables intentions d'Hitler. On connaît la suite!

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